dimanche 11 janvier 2015

Réflexions autour d'un massacre

Question de garder une trace de mes réactions en cette semaine d'horreur, de récupérations de toutes sortes, de tristesse, de réflexions plus ou moins approfondies, de réactions épidermiques, etc. Voici quelques bouts de réflexion qui me sont venues et que j'ai partagées sur facebook et twitter.

Commençons par quelques brèves:
- Je veux vivre dans une société où on a le droit d'être épais et d'insulter tout le monde sans que sa vie soit en danger. (le jour de l'attentat)
- En 2014, 118 journalistes ont été tués à travers le monde. Solidarité!
- Si la liberté d'expression ne s'appliquait qu'aux propos nuancés et raisonnable, ce ne serait plus une liberté.
- Si l'Islam menait au terrorisme, nous serions tous morts, y compris la plupart des Musulmans!
- Condamner l'attentat ne signifie pas approuver tout ce qu'ont fait ses victimes.

Et un morceau plus consistant:
Comment combattre le terrorisme fondamentaliste? En lui coupant l'herbe sous les pieds. Autrement dit, en mettant fin aux réalités concrètes qui lui donnent des arguments et des moyens.
Donc, mon message à la "communauté internationale", nom de code pour les puissances impérialistes, dont le Canada:
1. Cessez d'envahir et de bombarder des pays du Sud disposant de ressources naturelles stratégiques, qui se trouvent à être souvent à majorité musulmane.
2. Cessez d'accorder un appui inconditionnel à Israël contre la Palestine et exigez le respect des droits humains du peuple palestinien.
3. Cessez de soutenir des monarchies et des dictatures dans les pays que nous voulons contrôler. (Ex: Égypte, Arabie Saoudite...).
Et pour nous, la population civile de ces pays dominants:
4. Dénonçons en parole, sans aucune violence, tous les propos empreints d'intolérance, d'ignorance, de mépris et de peur envers les minorités dans nos pays, lesquelles sont souvent de religion musulmane et "issues de l'immigration".
5. Barrons la route à l'extrême-droite xénophobe qui se nourrit de préjugés, de faussetés et de hargne et cherche à diviser les 99% sur des bases ethniques ou religieuses pour le bénéfice du 1%.
6. Défendons nos libertés contre le fondamentalisme, en commençant par le fondamentalisme capitaliste qui menace nos droits sociaux, nos conditions de vie, notre environnement, etc.
7. Unissons-nous pour changer le monde bien réel où nous vivons, peu importe ce que nous pensons d'un "au-delà" ou de ce qui demeure invisible.

Puis des contributions à des discussions, notamment à la suite du message précédent:

- Il n'y a pas de solution "sécuritaire" au problème du terrorisme. C'est ce qui fait sa force. Il suffit d'une personne déterminée et bien armée pour causer énormément de dommage. Le terrorisme, c'est une forme de guerre et la guerre c'est de la politique. La seule solution possible est donc politique.

- Elle est pour qui la liberté d'expression en France, quand on interdisait, il y a quelques mois, les manifestations de solidarité avec la Palestine alors que Gaza était à feu et à sang? Et que dire des lois qui répriment l'expression d'une identité religieuse ou culturelle par le biais d'un vêtement particulier? Si on a le droit de s'exprimer avec vulgarité contre les Musulmans, est-ce que les Musulmans ne devraient pas avoir le droit de simplement être visibles sans être discriminés? Que penser d'une société où on peut gagner sa vie en insultant les Musulmans mais où une personne visiblement musulmane peut difficilement gagner la sienne?

- Excuser les pratiques de Charlie Hebdo en soulignant qu'ils s'attaquaient à toutes les religions me rappelle les complaintes contre le racisme anti-blancs ou le sexisme contre les hommes. Toutes les religions ne sont pas égales en France. Attaquer les Musulmans ce n'est pas de la subversion, c'est s'en prendre à un groupe déjà marginalisé et stigmatisé
- Ça faisait des années que leur publication me puait au nez. Pleurons la tragédie, condamnons la violence, mais ne perdons pas notre esprit critique. La liberté, c'est le contraire du conformisme et de la bonne conscience facile.