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Affichage des articles du 2014

Quand l’Écosse se prépare pour la prochaine fois! La gauche indépendantiste écossaise après le référendum

Le 18 septembre, le référendum sur l'indépendance de l'Écosse s'est terminé par une victoire des unionistes avec 55% des voix. Mais une récente visite à Glasgow pour le rassemblement de la gauche indépendantiste[i] donne fortement l'impression que dans les faits le camp indépendantiste a gagné. Le Parti national écossais (SNP), au gouvernement à Édimbourg et initiateur de la consultation populaire, a connu une vague impressionnante d'adhésions, passant de 25 000 à 80 000 membres. Les autres organisations indépendantistes comme le Parti socialiste écossais (SSP) ou la Campagne radicale pour l'indépendance (RIC) ont aussi connu une expansion qualitative au lendemain de ce que certains appellent le référendum du « pas tout de suite ».
Les derniers sondages donnent une majorité au OUI malgré le peu de temps qu'ont eu les autorités londoniennes pour soit réaliser ou briser leur promesse d'une dévolution importante de pouvoirs. Les sondages indiquent égalem…

Contribution aux débats à Québec solidaire: L’économie c’est de la politique. La politique, c’est de l’économie.

Québec solidaire tiendra un important conseil national à la fin novembre à Trois-Rivières. À cette occasion, les délégations de partout au Québec débattront des stratégies pouvant le mieux assurer le développement futur du parti. Un des enjeux soulevés par les documents du Comité de coordination national est la mauvaise « perception » dont souffrirait le parti sur le plan de la « crédibilité économique ». Mais la question qu’il faudrait d’abord se poser est celle des raisons de cette perception. En bref, nous ne cadrons pas avec la pensée économique dominante. Nous devrions en être fier et développer des moyens de rallier une partie toujours plus grande de la population à cette vision dissidente de la prospérité.
Nous avons toujours soumis des cadres financiers équilibrés résultant d’un travail rigoureux. Nos propositions fiscales et économiques sont les mêmes que celles de bien des organisations bien établies au Québec, dont les syndicats, certains regroupements étudiants et bien d…

Élections fédérales 2015, 2e partie : Sortir de l’impasse

Revenons d’abord sur les observations faites dans le premier texte [i]. Une stratégie pancanadienne pour la gauche québécoise indépendantiste devrait s’articuler autour de quelques constatations de base. 
Le danger d’un autre mandat conservateur (surtout majoritaire) est minime.Le scénario le plus probable pour octobre 2015 est l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire avec la balance du pouvoir au NPD. Une majorité libérale est envisageable.La remontée du Bloc québécois est peu probable et n’affecterait pas beaucoup le portrait d’ensemble de toute façon.La gauche sociale et politique québécoise, tant dans les mouvements qu’à QS, ne se reconnaît pleinement dans aucun des partis politiques fédéraux actuels.

Que faire alors? On pourrait toujours rêver à un nouveau parti pancanadien rejetant le colonialisme tant au sein du Canada qu’ailleurs dans le monde, un parti qui serait un allié indéfectible à la fois de la lutte des Premières nations pour leur autodétermination et des aspir…

L’organisation du troisième type

(Ce texte est une version retravaillée d’une présentation à l’atelier « organiser les écosocialistes » au Forum social des peuples, à Ottawa, le 22 août dernier.)
Les quelques 75 personnes qui ont fondé le Réseau écosocialiste en mars 2013 faisaient presque toutes parte de Québec solidaire; en plus, pour la plupart, de s’impliquer dans un mouvement social ou un autre. Pourquoi se donner une tâche militante de plus, surtout quand les mouvements sociaux sont relativement actifs et que notre parti de gauche se porte plutôt bien?
Pour ma part, c’est la conclusion pratique d’une analyse du système capitaliste dans lequel nous vivons, de ses conséquences désastreuses pour la vie en général et pour la civilisation en particulier, et de la mécanique complexe qui permet à ce système de se maintenir.
D’abord, on reconnaîtra que le capitalisme est un système qui structure les rapports sociaux (pas un courant d’opinion ou un ensemble de mauvaises habitudes) et que ce système est incompatible a…

Élections fédérales 2015 1ère partie : Pas de panique!

Un grand nombre de personnes et de groupes vivent une appréhension compréhensible en voyant arriver l’élection fédérale de 2015 et la possibilité d’un autre mandat pour le parti obscurantiste, écocidaire et belliciste de Harper. Ce sentiment était palpable durant le récent Forum social des peuples, à l’Université d’Ottawa. Certains iront probablement jusqu’à prôner un vote stratégique « n’importe qui sauf les conservateurs », partageant leurs appuis entre les Libéraux et le NPD, comme ce fut le cas pour plusieurs syndicalistes lors de la dernière élection ontarienne.   Cette élection devait mener à un gouvernement libéral majoritaire qui prépare des politiques d’austérité majeures après avoir séduit une partie de la gauche avec un budget préélectoral relativement progressiste. Un avant-goût?
Dans le premier d’une série d’article, nous allons tenter d’analyser les principaux aspects de ce paysage politique canadien en mouvement dans une perspective indépendantiste et écosocialiste. Po…

Le double mandat de l’assemblée constituante (suite)

Ma proposition consistant à donner à l’assemblée constituante le mandat de rédiger deux constitutions, une provinciale et une nationale, a soulevé plusieurs réactions, notamment une élaboration enthousiaste de la part de Jonathan Durand Folco.[i] Il y a ajouté l’idée du tirage au sort des membres de l’assemblée constituante, développée par Roméo Bouchard dans un livre récent.[ii]
Le petit débat qui est en cours sur cette nouvelle vision, plus précise, de l’assemblée constituante, fait suite à une discussion déjà amorcée à Québec solidaire depuis plusieurs mois, notamment à la Commission thématique sur la souveraineté (dont fait partie Jonathan Durand Folco) et dans un manifeste, publié à la veille de la dernière élection par des militantes et militants indépendantistes membres de Québec solidaire, d’Option nationale et non-affiliés.[iii]
Dans toutes ces discussions, on place souvent au centre des préoccupations l’enjeu de la stratégie indépendantiste. Autrement dit, on se demande que…

Pour un référendum avec deux OUI

On a fait grand cas au cours de la récente campagne électorale du fait que 70% environ de l’électorat était opposé à la tenue d’un troisième référendum sur la souveraineté dans un proche avenir. En même temps, les sondages indiquent qu’environ 40% de la population était favorable à la souveraineté du Québec, au moins en théorie. Il y a donc un quart des indépendantistes qui préféraient ne pas avoir de référendum, probablement parce qu’elles et ils pensent qu’il serait perdant. En voyant aller le Parti québécois de Bouchard à Marois, qui peut les blâmer?
C’est l’impasse dans laquelle se trouve le PQ depuis plusieurs années. Lorsqu’il a promis de tenir un référendum, à l’élection de 2007, il s’est retrouvé troisième derrière l’ADQ. Cette fois-ci, en promettant de ne pas le tenir « tant que la population de sera pas prête », il a obtenu son plus mauvais résultat depuis 1970. Ce positionnement ambigu a permis aux Libéraux de mobiliser leur base fédéraliste sans pour autant mobiliser l’é…